• T. de Saint-Castin

Les cendres et la braise - tribune

Auteur : Léopold


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Crise du Coronavirus : Entre désillusions et braises d’espoir

À ce jour le coronavirus a contaminé à travers le monde 275 469 personnes (cas confirmés), et tué 11 402 individus. Malheureusement, ces nombres ne sont valables que dans le temps où vous lirez ces lignes. A chaque mot que je rédige, les quantités s’accroissent. Loin d’être totalement défaitiste et de penser que le quatrième cavalier de l’apocalypse aura raison de l’humanité, il est nécessaire de s’interroger sur ce que révèle cette crise mondiale.


Adieu vieille Europe


Les prévisions d’intelligence économique et politique pensaient la Chine, et le continent asiatique de manière plus globale, comme destinés à dépasser l’Europe et l’Occident. D’abord foyer de naissance de l’épidémie, l’Asie a démontré de façon magistrale comment gérer une crise de cette ampleur. Loin d’être sans inventivité, nous pouvons étudier deux modèles de gestion à travers les pays que sont la Chine et la Corée du Sud.


La leçon autoritaire


La manière autoritaire dont a fait preuve la Chine, pour gérer cette crise – qui semble déjà appartenir au passé pour ce pays – ne peut pas être assimilée de près ou de loin à l’image d’un tyran autoritaire voulant se protéger individuellement de ce virus, comme un bourgeois pédant ne voulant pas être approché d’une personne ayant la lèpre. La Chine compte 1, 386 milliards d’âmes. Rien que la ville de Wuhan, centre l’épidémie, compte 11 millions d’habitants – pour rappel le grand Paris en compte 12 millions. La densité de population justifie donc les moyens. Notre vision démocratique, humaniste, n’est donc pas transposable à cette nation : la quarantaine était justifiée.


De plus, si nous observons avec un œil impartial, non seulement nous verrons qu’en aucun cas, le gouvernement de Xi Jinping n’a abandonné, puisque dans cette ville de Wuhan, deux hôpitaux ont été construits en 10 jours. Employant alors 4 000 travailleurs qui ont bâti de jours comme de nuit et ont permis aux habitants de la métropole de disposer de 1 000 places d’hôpital en plus. Par ailleurs, les Chinois, à la limite du cliché ethnique, se sont montrés d’une discipline exemplaire et les Français ou les Italiens qui ont mis de la musique et fait d’autres choses pour s’encourager les uns les autres n’ont rien inventés. Triste constat : les Européens imitent même le peuple Chinois.


La leçon technocratique


Déplaçons notre curseur sur la péninsule coréenne, une autre façon de traiter le problème, une autre façon de donner une leçon de gestion à l’élève Europe. Travaillée par l’épidémie de « SRAS », la « petite » Corée, dès les premières rumeurs de cas de « COV-19 » a immédiatement réagi par la technologie.


Les contrôles aux aéroports, pour les personnes provenant de la province de Hubei, ont été les premiers dispositifs mis en place pour endiguer l’avancée du virus. Puis, le pays a mis en place des tests massifs, sous la forme de « drive ». Quelque 270 000 personnes ont été testées. Les personnes déclarées positives ont été mises individuellement en confinement, puis tracées grâce à leur téléphone portable.


Hier, troisième au classement des contaminés, aujourd’hui, la Corée du sud est huitième. D’autant plus étonnant que ce pays n’a pas utilisé le confinement général de la population. L’histoire retiendra sûrement la prévenance qu’a su employer l’aristocratie de ce pays.


Maintenant, voyons à quoi ressemble la France. Les chaînes retransmettent un gouvernement qui ne semble pas savoir où il va, donnant des directives se contredisant les unes des autres. Des présentateurs bobos sans charisme demandent avec insistance à la population de rester chez elle, des Parisiens qui se promènent sur les berges, les quartiers à majorité d’immigrés qui ne semblent pas à notre grand étonnement recevoir les prescriptions du gouvernement – mais lorsque les policiers leur demandent de respecter le confinement, ils sont pris de fortes quintes de toux…


Constat amer, la vieille France, jadis lumière du monde, ne ressemble plus qu’à une vielle personne essoufflée, n’arrivant plus à suivre le peloton de tête, d’autant plus ironique lorsqu’on connait les conséquences du coronavirus.


Sous les cendres, les braises


Mais, rien ne semble perdu. Le camp national, que nous sommes, possède tous les atouts en mains. Il peut sans doute miser sur une garde sans chien ?


En effet, par de simples questions rhétoriques nous pouvons amener des gens au nationalisme.


Les cendres


Sur le célèbre forum de jeux vidéo 18-25, plus d’un mois avant la prise de décision de confiner la population française, les internautes se sont livrés à une bataille sans merci entre les partisans du YRR (Yorarien, ou en langage pour personnes normales, ce virus n’aura aucune conséquence sur notre monde) et ceux du YKK (Yaurakelkechose, ou le COV-19 va impacter notre société).


Personnellement, je pensais, en observant cette bataille, que ce virus ne nous toucherait pas. Mais mon avis, comme celui des internautes du 18-25, ne peut pas être aussi pertinent que celui d’un appareil d’état. Soit, une constatation sans conséquence me direz-vous. Mais ce sujet, qui a animé de vifs débats sur un forum internet (considéré comme un zoo par une immense partie de ces animateurs et par les observateurs extérieurs) nous laisse raisonnablement penser que de nombreux Français s’en sont inquiétés. Pourtant, force est de constater que nos dirigeants n’y ont pas prêté l’oreille.


Où est notre force diplomatique qui jadis fut notre fierté ? Où sont nos services de renseignements extérieurs ? Le gouvernement a-t-il seulement mandaté des personnes pour penser cette crise ? Le gouvernement fait preuve d’un manque de transparence dans ses directives. Les ordres et les contre-ordres se succèdent. Dès lors nous constatons logiquement des comportements absurdes dans la situation que nous vivons : ruée vers les grandes surfaces, nombre important d’habitants sur les quais et dans les parcs municipaux des grandes villes.


Avec du recul une pensée m’est venue. Connaissant le rationalisme de la Chine, due à sa dense population, comment ne pas avoir pris conscience de la gravité de l’impact que pouvait avoir ce virus ? Pour mettre un clou de plus sur ce cercueil qu’est la Macronie, nous avons eu en France l’exemple récent d’un virus venant de Chine, qui s’est transmis à 3 millions de Français, le H1N1 (Note de l'hébergeur : la diffusion du virus H1N1 a commencé au Mexique, non en Chine). Ainsi, soit il s’agit d’incompétence caractérisée, soit il s’agit d’une volonté de laisser le virus trouver tranquillement les alvéoles pulmonaires des Français, pour permettre le supposé bon fonctionnement de l’économie française.


Pour revenir à notre argumentaire nationaliste : que nous révèle cette constatation ? Eh bien, que la France, depuis un certain nombre d’années, ne souhaite plus être dans la grande histoire en abandonnant ses outils d’observation, de renseignements et de projections, au profit d’un système globalisant qu’est cette chère Union Européenne.


Les frontières : un argument revenu souvent sur les plateaux de télévision. Nous avons souvent entendu dire : « le virus ne s’arrête pas aux frontières », « c’est une obsession de l’extrême-droite de vouloir fermer les frontières », sans parler de la blague du passeport. Pourtant dès lors que le leader suprême de l’Union Européenne, l’Allemagne, a fermé ses frontières, la France quelques jours plus tard aura fait de même. Quelle servilité !


Les braises


Cette épidémie semble-t-il ne tuera pas 50% de la population. Ne nous attendons donc pas à un effondrement du système tel que d’aucuns l’espèrent. Néanmoins, le camp nationaliste a de nombreuses cartes à jouer pour faire pencher la balance en sa faveur : Frexit, avance technologique, production nationale, intelligence stratégique… Toutes ces thématiques résonneront avec beaucoup d’impact désormais auprès de la population française.


Le peuple français constate déjà avec horreur la décrépitude du service médical en Italie. L’Union Européenne tue à petit feu, par sa politique d’austérité, les mères de la civilisation européenne. Les Grecs, et maintenant le peuple italien, pourront remercier avec gratitude les directives de cette Union Européenne. La prophétie est devenue réalité. L’Asie nous montre son avance technologique. Pendant que la Corée du sud installe dans son pays la « 5G », la France demande à la plateforme de streaming Netflix de réduire sa place dans le réseau internet. Ici, il ne faut pas voir la technologie comme une fin en soi. Il s’agit plutôt de voir que les recherches menées et mises en place dénotent une volonté du pouvoir d’avancer technologiquement. Malgré ses joyaux que peuvent être l’Institut Pasteur, Dassault etc., la France délaisse de plus en plus ses fleurons technologiques pour se faire racheter par l’étranger – l’exemple de « Latécorère » démontre bien qu’il n’existe plus de stratégie technologique en France. Alors que la Corée réalise presque 300 000 détections du coronavirus, la France, le 21 mars commence à changer sa stratégie de détection.


L’une des autres leçons que nous pouvons tirer de la crise sanitaire que nous vivons actuellement est la production nationale. Prenons pour exemple le gel hydroalcoolique : la France a le savoir-faire pour produire ledit gel, mais la délocalisation de la production des flacons a produit la pénurie. Comment donc ne pas abattre la carte de la production nationale qui, non-seulement pourra créer des emplois pour les Français, mais aussi réduire l’empreinte carbone (ce qui ne sera pas sans plaire à nos amis écologistes) et palier à ce manque de moyens que nous connaissons actuellement.

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