Opération « Overlord »

Le débarquement de Normandie


Le débarquement de Normandie, juin 1944.



Sommaire


  1. Contexte

  2. Genèse

  3. Préparation

  4. Jour J

  5. Bilan


1 - Contexte


Nous sommes en 1944 en Europe, l’Allemagne qui avait conquis une grande partie du continent, se met à reculer sur tous les fronts.


A l’Est, les forces allemandes sont en pleine débâcle depuis la bataille de Koursk de l’été 1943… Cette bataille fut la dernière tentative d’Hitler de relancer l’offensive contre le rouleau compresseur soviétique après avoir perdu successivement la bataille de Moscou en 1942 et la bataille de Stalingrad en 1943. Elle perdra au nord le 27 janvier 1944, le Siège de Leningrad, la ville a été assiégée 2 ans et 4 mois ! Pendant la période du débarquement, en juin 1944, les forces soviétiques du maréchal Joukov préparent l’opération « Bagration», qui sera lancée le 22 juin, l’armée rouge entrera sur le territoire polonais.


Sur le front méditerranéen, après avoir perdu l’Afrique du Nord suite à l’opération « Torch », un débarquement américain au Maghreb le 8 au 10 novembre 1942, l’Allemagne perd son allié italien qui signe le 3 septembre 1943, l’armistice de Cassibile.


Mussolini est arrêté sur ordre du Grand Conseil Fasciste, Hitler déclenche l’opération « Eiche », une opération commando dirigée par Otto Skorzeny, l’objectif étant de libérer Mussolini.

Après sa libération, le Duce créera la République Sociale Italienne au nord de l’Italie à Salo.

Un jour avant le débarquement, le 5 juin, les troupes américaines commandées par le général Clark entrent dans Rome !


Sur le front de l’Atlantique, la menace des U-Boot (sous-marins allemand) s’amoindrit depuis l’entrée en guerre des Etats-Unis. Grâce au dispositif Ultra, décryptage des codes de transmission de la Kriegsmarine, les U-Boot sont pourchassés par les bombardiers à long rayon d’action Liberator et les destroyers équipés de Huff-Duff, appareil de radiogoniométrie. Avec la destruction d’un bon nombre d’U-Boot, l’industrie de guerre allemande n’arrive plus à compenser les pertes subies !


En France, Hitler décide de bâtir le Mur de l’Atlantique, cette construction sera supervisée par le maréchal Rommel. Elle fut décidée suite à l’échec du débarquement Anglo-Canadien de Dieppe le 19 août 1942 qui fait prendre conscience aux Allemands d’un risque de débarquement imminent !


2 - Genèse


L’élaboration d’un projet de débarquement à travers la Manche débute réellement en janvier 1943 avec la création du COSSAC (Chief of Staff to the Suprem Allied Commander) sous les ordres du général Morgan. En août de la même année, le projet est approuvé par les dirigeants des pays alliés à la Conférence de Québec, le 19 au 24 août 1943. En décembre 1943, le général Eisenhower est nommé commandant suprême de la SHAEF (Suprem Headquarters Alied Expeditionary Force). Il estime que le plan de débarquement en France prévu par le COSSAC était mauvais car elle prévoyait de débarquer entre Vire et Orne.

Le SHAEF établit une nouvelle zone de débarquement au sud du Cotentin pour conquérir plus rapidement Cherbourg, port vital à la logistique. Les plages normandes sont en grande majorité des plages sableuses, même si l’on y trouve également des galets. Cette composition des plages normandes est relativement proche de celles de l’ouest de l’Angleterre : ainsi, les soldats peuvent s’entraîner outre-Manche et les capacités de franchissement des chars en manœuvre sur ce type particulier de sable peuvent également être testées.

Sur les 5 plages codées, Utah, Omaha, Gold, Juno, et Sword, ce sera 5 divisions qui doivent débarquer précédées par 3 divisions aéroportées.



Le débarquement en Normandie, 6 juin 1944


3 - Préparation


Entre mars décembre 1943 et mars 1944, les alliées lancent l’opération « Fortitude », elle a pour but de désinformer les Allemands sur les futures lieux de débarquement en réunissant un maximum de faux matériels de guerre (Chars, avions, etc…) sur la côte britannique. « Fortitude Nord » eu pour but de faire croire à un débarquement en Norvège en réunissant des faux matériels de guerre dans le nord-est de l’Angleterre, Hitler enverra inutilement des divisions pour défendre la Norvège pour faire face à un « possible » débarquement. Mais le plus connu reste « Fortitude Sud», elle réunit des faux matériels de guerre à Douvres sous les yeux des avions de reconnaissance de la Luftwaffe.


Hitler était déjà persuadé qu’un débarquement ne pouvait qu’avoir lieu dans le Pas-De-Calais, la désinformation opérée par les alliés renforça son avis, si bien que lorsque le 6 juin 1944 eu lieu le débarquement de Normandie, Hitler cru que ce n’était qu’un leurre ! Aussitôt, la XVème armée allemande, stationnée dans le Pas-de-Calais, est mise en alerte. Les Alliés sont désormais passés maîtres dans le domaine du renseignement et protègent ainsi parfaitement le bon déroulement des préparatifs du Débarquement de Normandie : le succès de l’opération « Fortitude » est total.



Char gonflable, conçu d'après le M4 Sherman


Pour que le débarquement soit une réussite les alliés comptèrent aussi sur la Résistance Française, celle-ci donnaient des renseignements aux alliés sur les fortifications des plages, sur les lieux stratégiques à prendre ou à bombarder en cas de débarquement et sur les déplacements des forces allemandes sur le territoire français.

Le soir du 5 juin 1944, lors du parachutage des divisions aéroportées dans l’arrière-pays, la Résistance reçut l’ordre de commettre des actes de sabotages. Les résistants sabotent alors les chemins de fer, les lignes téléphoniques, installent des mines antichars sur les routes ou font simplement tomber les arbres sur les axes de communication. Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, près de 1 000 actions de sabotage sont effectuées par la résistance française.

Du côté des soldats alliés et de la logistique, les soldats s’entrainèrent en Angleterre pour préparer le débarquement. Pour la logistique les alliés avaient l’intention de construire 2 ports artificiels, l’un sur la plage « Gold », l’autre sur « Omaha », ce dernier sera détruit par une tempête le 19 juin 1944.


4 - Le Jour J


Début juin, le temps est exécrable et oblige le général Eisenhower à retarder le débarquement. Les services météo alliés prévoient malgré tout une accalmie le 6 juin. L’opération « Overlord » est déclenchée.


Into the Jaws of Death, Robert F. Sargent, 6 juin 1944.



Dans la nuit du 5 au 6 juin, les avions des troupes aéroportées traversent la Manche, les Américains de la 82ème et de la 101ème Airborne sautent autour de Sainte-Mère-Église pour sécuriser les sorties d’« Utah Beach » pendant que leurs homologues Britanniques protègent les accès de l’Orne du côté de « Sword Beach ».

A l’aube, les navires et les bombardiers tentent de détruire les défenses du Mur de l’Atlantique, sans grand succès. A 6h30, les GIs (General Infantry) débarquent sur Utah et Omaha.

Sur les plages d’Utah, une erreur de navigation permet aux américains sans trop de pertes de débarquer, le débarquement se fait sur les arrières des parachutistes de la 101ème et 82ème Airborne qui ont été parachuté à Sainte-Mère-Église. Sur les plages d’Omaha, c’est l’enfer, les soldats Américains perdent 90% de leurs effectifs dans les cinq premières minutes de l’assaut ! Les chars M4 Sherman amphibies fait pour flotter sur une eau calme, se mettent à couler à cause de la forte houle !


A 7h30, les Anglo-Canadiens débarquent sur Gold, Juno et Sword. Malgré une progression satisfaisante, Caen n’est pas prise.

Sur la plage de Gold, les Britanniques débarquent à 7 km du rivage à cause des marais. Les Britanniques usèrent de « funnies », des chars à tout faire, afin d’appuyer au plus près l’infanterie et créer des chemins d’accès afin d’évacuer aussi rapidement que possible la plage. Certains de ces chars servaient au déminage !

Sur les plages de Juno situées à 1,5 km de à l’est de Gold, les canadiens de la 3ème division d’infanterie débarquent avec difficulté, à cause de la présence de beaucoup de rochers sous-marins qui bloquent les barges. Tout comme Gold, la réussite du débarquement est due à l’utilisation de blindés. Sur les plages de Sword, la 3ème division d’infanterie britannique débarquent. Lorsque l’infanterie commence à débarquer, les chars ont déjà détruit certains points d’appuis allemands. Les Britanniques étaient accompagnés par le Commando Kieffer, elle désigne 1er bataillon de Fusiliers Marins Commandos des FFL (Forces Françaises Libres).

Au soir du 6 juin, 150.000 hommes ont pris pied sur les plages normandes au prix de 10.000 pertes.


4 - Bilan


Au soir du D-Day, l'état-major américain estime pourtant que les pertes humaines se sont avérées finalement moins lourdes que prévu : 10 600 tués, blessés ou disparus dans le camp allié alors qu'il en avait envisagé 25 000 ! - Pertes américaines : 6 603 hommes. - Pertes britanniques : 3 000 hommes. - Pertes canadiennes : 946 hommes. - Pertes françaises (commando Kieffer) : 10 hommes tués. - Pertes de la résistance : 124 prisonniers, tués, blessés et disparus. - Pertes allemandes : 6 500 hommes.


Références bibliographiques :


- « Normandie 1944, Guide du champ de bataille » J.P Benamou, Editions Heimdal.

- « 39-45, Sur les chemins de la victoire » Editions ATLAS.



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